Ajouter ce site aux favoris  Plan du site
Vocation Déco - formation à distance en décoration

accueil » école » enseignants » iro bardis

Iro Bardis, architecte d'intérieur

Mobilier design - © I. Bardis

Interview de l'une de nos enseignants en aménagement intérieur, Mme Iro Bardis. Iro Bardis est diplômée de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris, de l'Ecole d'Architecture de Paris - La Villette, et titulaire du Diplôme d'Etudes Transdisciplinaires en Arts - Sciences - Entreprise (DETASE) de l'Université Paris IX Dauphine.

Pourquoi ce choix de l'architecture, de la décoration intérieure ?

Architecte d'intérieur, j'exerce mon activité en libéral depuis une vingtaine d'année. Pour moi, cela a toujours été une évidence. Quand j'étais petite, j'ai beaucoup joué au jeu de mécano et autres jeux de construction et à l'école primaire, initiée à la maquette, j'ai adoré la réalisation de certains édifices classiques comme églises et autres temples anciens.

Mobilier déco design : table basseJe ne me trouvais pas dans un contexte familial particulièrement artistique. Mais je pense, sans avoir d'explication rationnelle, avoir été très sensible à l'environnement de l'art grec, très présent partout à Athènes, la ville de mon enfance.

En tous cas, j'ai, vers l'âge de 12 ans, décidé de devenir architecte et dirigé, à partir de ce moment, mes intérêts pour atteindre mon objectif.

C'est le rapport de l'homme à l'espace qui m'a toujours intéressée, le jeu, la perception et les multiples façons à inventer pour apprivoiser les formes et les volumes.

Quel est votre parcours ?

Après des études d'architecture à l'école de Beaux-arts de Paris (ENSBA), j'ai pendant quelques années travaillé comme dessinatrice, puis projeteur dans différentes agences d'architecture, à Paris et dans le Sud-ouest de la France. Période riche en enseignements et apprentissages divers grâce aux approches multiples de la profession que j'ai eu à rencontrer.

Répondant en 1986 à un appel à projet lancé par le Ministère du Droit des Femmes, j'ai, en association avec une amie architecte, gagné le dit concours : réhabilitation d'un ensemble de deux immeubles situé à Paris 13e (un bâtiment haussmannien classique + une construction « hybride » de bureaux), pour accueillir le CNIDFF (Centre National d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles). Cela fut le début d'une belle aventure professionnelle pas toujours facile... mais toujours intéressante !

Ainsi, j'ai continué sur ma lancée dans le secteur de la réhabilitation et de la structuration d'espaces, le plus souvent pour une clientèle privée : c'était l'époque des « lofts », des transformations et changements d'usage de locaux... J'ai souvent travaillé sur des projets typiquement parisiens avec toutes leurs contraintes de surface, de lumière, de style de vie...

Aménagement intérieur : décoration marocaine

Le travail raisonné sur l'espace, voire le dialogue entre fonctions et besoins, est l'axe principal de mon travail que j'ai, pour beaucoup, pratiqué avec des maîtres d'ouvrage privés, secteur propice à ma volonté de créer des lieux en harmonie avec leurs occupants. Dans ce même ordre d'idée, en allant plus loin, j'ai un intérêt tout particulier pour les projets qui favorisent le développement, l'évolution des pratiques de vie et du lien social.

Parmi mes projets préférés se trouvent, ainsi :

  • une des premières structures de préparation à la naissance (Les Environs de la Naissance, Paris 11)
  • trois Antennes d'Accueil du public d'une cité de logements sociaux à Epinay (93),
  • une école de musique de jazz (IACP, Paris 11)
  • un établissement de hammam (Les Bains de Saadia, Paris 19),
  • les bureaux et accueil d'une entreprise des Pompes Funèbres (Etablissements CAHEN, Paris 14).

Toujours une demande de création d'espaces propices à l'échange, l'accueil, le développement personnel, la volonté de faire évoluer les pratiques... Un objectif qui me motive et qui, pour moi, donne tout son sens à l'architecture et à l'aménagement d'espace.

Quel est le rôle de l'architecte d'intérieur ou du décorateur ?

Pour moi, le rôle de l'architecte d'intérieur, du décorateur, ou de toute personne qui travaille sur l'aménagement d'un lieu, consiste à aider à apprivoiser et à s'approprier l'espace. Il doit aider à la compréhension et au repérage des espaces et volumes afin de les faire vivre et créer un cadre de vie épanouissant, riche, ludique... et beau (si possible).

C'est d'autant plus vrai aujourd'hui que nous vivons une époque charnière et en constante évolution où les désirs et souhaits des usagers que nous sommes évoluent, selon les nouvelles attentes sociales et les nouvelles offres techniques.

Je crois, pour ma part, que le cadre de vie, domestique, professionnel, environnemental est déterminant pour le développement harmonieux et équilibré de nous tous, humains.

Quelles sont les principales qualités d'un décorateur ?

La pratique de l'architecture, du design d'espace, appelle un va-et-vient constant entre recherche, expérimentation, et apprentissage et se nourrit par des prolongements que le créateur met en oeuvre à l'occasion des projets traités.

A côté de mon travail proprement dit, de maître d'oeuvre, j'ai ainsi travaillé assez longuement sur les problèmes du saturnisme dû au plomb contenu dans les peintures jusqu'aux années 50. J'ai participé au premier guide de décontamination en direction des professionnels du BTP édité par le Ministère de l'équipement (1993).

Décoration intérieur : enduit tadelaktAussi, à l'occasion des projets que j'ai eu à traiter (réalisation de hammam, rénovation de bâti traditionnel), j'ai été particulièrement intéressée par les enduits et finitions, tant du point de vue de leur fonction technique que décorative ; j'ai été ainsi amenée à me pencher sur le tadelakt (enduit traditionnel à la chaux de Marrakech) pour ses caractères techniques et « sociologiques » en l'utilisant pour l'ensemble de ses qualités (décoration, étanchéité, référence d'usage) et en organisant, au-delà des projets, des formations dans une démarche de transfert de savoir-faire du Sud au Nord.

Comprendre la demande du client aussi finement que possible et apporter des réponses qui peuvent l'amener plus loin tout en le respectant est une des qualités premières du designer d'espace que j'essaie toujours d'appliquer dans mon travail.

A côté de cela : regarder, observer, analyser les espaces et les volumes, le rapport entre eux et des Hommes en leur sein - entre mouvement et statique, entre éphémère et pérenne, voir/imaginer la lumière, l'obscurité, la couleur, le devenir...

Pourquoi enseignez-vous chez Lignes et Formations ?

C'est surtout l'envie de transmettre l'expérience amassée par ma pratique, relativement longue, qui m'a rapproché de l'école Lignes et Formations.

Je garde un souvenir très vif de mes premières années d'apprentissage auprès d'un architecte, professeur de Beaux-Arts (M. Faugerons), qui a su nous montrer la démarche pour comprendre et saisir l'espace et ses enjeux.

J'espère, j'ai en tout cas envie, de faire ne serait ce qu'un tout petit peu comme lui. Cela vaut la peine de faire éclore ce potentiel présent chez tout le monde, mais totalement délaissé et enfouit sous des multiples inhibitions.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs élèves ?

Travailler (beaucoup) mais aussi apprendre à s'amuser (beaucoup) ! Faire un projet est toujours gratifiant, suivre sa création, le processus de sa mise en oeuvre est gratifiant et apporte du plaisir et de l'amusement.

Aussi, s'exercer à quitter les sentiers battus et tenter l'aventure, le « nouveau ». Regarder chaque projet, même le plus simple et banal, avec une vision aussi neuve que possible.

Le grand designer italien Castiglioni disait lors d'une de ses conférences que lorsque il voulait dessiner une chaise, il pensait que celle-ci serait la meilleure de toutes les chaises jamais créées, il ajoutait que sans cela il n'y arriverait jamais face au nombre de chaises existantes depuis les temps !

Aussi, s'exercer à aller du simple au complexe, apprendre se mouvoir du détail au total, de l'unité à l'ensemble et cela dans tous les sens. C'est presque une façon d'être qu'il vaille la peine d'apprendre.

Aussi, et de façon plus concrète : cultiver la curiosité, l'exigence, la précision, l'observation, l'imagination, pousser les limites mais sans jamais oublier le réel ni les contraintes.

Contrainte : action de forcer, obliger, gêner, entraver (LAROUSSE)
» un mot qui pose des freins tout en donnant des directions et des voies, retenez sa face positive.

Qu'avez-vous appris de votre implication pédagogique chez L&F ?

Depuis près de quatre ans, j'ai suivi des élèves qui ont « appris » l'espace malgré la difficulté du mode d'enseignement à distance ; cela me conforte dans ma démarche de cet enseignement.

J'ai souvent eu, aussi, des échanges riches et intelligents avec des élèves qui m'ont apporté des ouvertures et des points de vue neufs dans mon propre regard de l'espace ; cela me montre, encore une fois, combien les approches peuvent être multiples et qu'il faut toujours chercher partout et ailleurs.

Ainsi, l'enseignement donné devient une sorte d'échange, modalité qui favorise la transmission et l'apprentissage, tel un va-et-vient comme la pratique même de l'architecte, du designer d'espace ou du décorateur.

Vocation Deco : Ecole de decoration

Domaines d'intervention

Restructuration et aménagement des espaces d’habitation et d’activité, notamment en milieu urbain.

Recherche et emplois des techniques et matériaux innovants, différents, détournés... pour des traitements aussi personnalisés que possible.


» Téléchargez l'interview d'Iro Bardis en format PDF.

Lignes et Formations - école de formation à distance en décoration

Etablissement privé d'enseignement à distance, soumis au contrôle pédagogique de l'Education Nationale
Membre de la Chambre Nationale de l'Enseignement à Distance